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(JPG) Sans-papiers : le mouvement de protestation s’étend à deux autres centres de rétention

avec AFP
Article publié le samedi 29 décembre 2007.


Le mouvement de protestation des sans-papiers du centre de rétention du Mesnil-Amelot commencé le 20 décembre s’est étendu, samedi 29 décembre aux deux centres de rétention de Vincennes. Ces trois centres accueillent quelque 400 personnes.

Les sans-papiers protestent contre leurs conditions d’arrestation et de détention. "Nous avons décidé d’entamer une grève de la faim dès ce soir et nous refuserons de rentrer dans nos chambres", a annoncé à l’AFP par téléphone Abou (qui n’a pas souhaité communiquer son patronyme), porte-parole du mouvement au Mesnil-Amelot qui a été transféré vendredi au centre de Vincennes. Cité par liberation.fr, il explique que les autorités du centre de rétention ont tenté de "casser le mouvement" en transférant les "meneurs".

"FAIRE DU CHIFFRE"

Une centaine de sans-papiers retenus au Mesnil-Amelot avaient annoncé jeudi leur décision de mener une grève de la faim illimitée afin de réclamer leur libération et dénoncer les conditions de leur détention. En majorité d’origine africaine, ils expliquent leur situation, selon l’un d’eux, par "une volonté gouvernementale de faire du chiffre avant la fin de l’année".

Dans un courrier adressé aux consuls de leurs pays d’origine, les détenus dénoncent "les agissements injustes et humiliants de l’administration française qui bafoue les droits de l’homme."

"Nous demandons que la chasse à l’homme cesse. Qu’on cesse d’envoyer de fausse convocation de la préfecture pour arrêter les gens", a ajouté par téléphone, Paul, porte-parole du mouvement au Mesnil-Amelot. Selon lui, plusieurs sans-papiers du centre du Mesnil-Amelot pourraient se joindre à la grève de la faim ce soir. Lui-même a déclaré en être à son troisième jour de grève de la faim et de la soif.

Le Réseau éducation sans frontières (RESF) à appelé à soutenir les sans-papiers et demande "la fermeture des centres de rétention", selon Pablo Krasnopolsky, enseignant membre du réseau. La FSU, première fédération syndicale de l’enseignement, a apporté samedi "solidarité et soutien" aux sans-papiers mobilisés.

www.lemonde.fr avec AFP et Reuters | 29.12.07 | 17h53 • Mis à jour le 29.12.07 |

Article de LIBERATION du 28 12 2007

La rébellion brisée au centre de rétention du Mesnil-Amelot

Le centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) vit au rythme d’une activité anormalement intense. Plus d’une centaine de sans-papiers y ont été amenés courant décembre. La plupart appréhendée dans les transports en commun ou au volant de leur véhicule à l’occasion d’un barrage routier. La raison de l’effervescence : l’approche de la date fatidique du 31 décembre. « Il veulent à tout prix arriver à leur objectif de 25000 reconduites à la frontière », dénonce Abou Ndianor.

Ce professeur de mathématiques d’origine sénégalaise, vivant et travaillant depuis 2001 à Orléans (Loiret) pour une société de soutien scolaire, a eu le tort de se rendre au commissariat suite à une convocation, pour un « rééxamen de sa demande de régularisation ». « Quand je suis arrivé à l’hôtel de police, j’ai vite compris qu’il s’agissait d’un piège. J’ai été naïf de ne pas douter de leur honnêteté. » Sur le même sujet « On est confronté à une industrialisation de l’éloignement »

Après avoir compris l’enjeu politique de cette arrestation de masse, Abou Ndianor et ses camarades d’infortunes dressent, dans le centre, un premier cahier de doléances. « Nous ne voulons pas de ces arrestations au faciès », insiste le Sénégalais. « Nous demandons simplement à être traité comme des êtres humains, pas comme des chiffres. » Face au statu quo, la quasi-totalité sans-papiers décident d’entamer une grève de la faim illimitée. Elle débute jeudi 27 décembre au matin. Le soir même, Abou Ndianor et quelques « meneurs » sont transférés vers d’autres centres de rétention. Il atterrit à Vincennes (Val-de-Marne).

Joint par téléphone, il témoigne de son amertume : « Ils ont voulu casser le mouvement. Et pourtant, nous ne demandions que le respect humain. » Samedi, Abou doit être vu par un juge parisien pour obtenir une possible libération. Au Mesnil-Amelot, la répression a porté ses fruits. Seule une vingtaine de grévistes de la faim poursuivait le mouvement vendredi après-midi.

A Orléans, la consternation et l’incompréhension dominent. Sarah Acelor, gérante de 2amath, la société de soutien scolaire qui emploie Abou Ndianor, ne comprend pas : « Le lundi suivant son arrestation, il devait suivre une formation pour accéder à un poste d’encadrement. Ici, tout le monde, parents, enseignants et élèves reconnaissent sa gentillesse et sa compétence. » Sarah Acelor, qui dit « ne pas avoir été au courant de sa situation », apporte son soutien « total et entier » à Abou. « Je crois qu’il ne nous a rien dit pour nous protéger. »

En réaction à ces événements du Mesnil-Amelot, le Réseau éducation sans frontière a décidé d’un appel aux organisations humanitaires samedi 29 décembre à 10 heures, devant son antenne parisienne du 8 impasse Crozatier.


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