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(JPG) Couvre-feu assoupli, "des centaines" d’arrestations selon des ONG

de jeune afrique
Article publié le jeudi 22 février 2007.


Le couvre-feu instauré de 18H00 à 12H00 dans le cadre de l’état de siège décrété du 12 au 23 février par le président Lansana Conté a été raccourci de six heures dimanche en Guinée, où des ONG locales ont dénoncé des "centaines" d’arrestations ces derniers jours.

"Compte tenu de la discipline observée par tous et du retour progressif de la paix, j’ai décidé de reculer le couvre-feu sur toute l’étendue du territoire nationale de 18H00 GMT à 6H00 du matin", a annoncé dans la soirée le chef d’état-major de l’armée, le général Kerfalla Camara sur la Radio-télévision de Guinée (RTG).

"De 6H00 à 18H00, les citoyens peuvent vaquer à leurs affaires à compter du lundi 19 février 2007", a-t-il ajouté.

"Cette mesure de doit pas favoriser le désordre", a-t-il prévenu, se disant optimiste pour le retour de la paix dans le pays".

La situation à Conakry et dans le reste de la Guinée demeurait relativement calme dimanche, sous la pression de l’armée et d’un couvre-feu qui passe ainsi de 18 heures à 12 heures sur 24.

Les syndicats, à l’origine de deux grèves générales et de manifestations marquées par la mort d’au moins 113 personnes depuis janvier, demandent depuis plusieurs jours la levée de l’état de siège.

Ils ont interrompu samedi une ébauche de discussions entamée cette semaine avec le régime, exigeant comme préalable à toute discussion le retrait de cette mesure.

Pendant les heures où toute circulation est interdite, les autorités ont récemment procédé à plusieurs centaines d’arrestations, ont affirmé dans la matinée des organisations locales de la société civile.

"Des centaines de personnes ont été arrêtées ces derniers jours pendant la nuit", a notamment déclaré à l’AFP Ben Sékou Sylla, président du Conseil national des organisations de la société civile.

Selon lui, il s’agit d’une "véritable razzia contre des militants et manifestants opposés au pouvoir", qui sont en général "conduits dans les camps militaires et les brigades de gendarmerie".

"Plus de la moitié de nos responsables fédéraux et régionaux ont été arrêtés ou obligés de s’exiler dans d’autres villes", a confirmé à l’AFP l’opposant Mohamed Diané, du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG).

L’état de siège décrété par le président Conté donne notamment le droit aux forces de l’ordre d’arrêter "toute personne dont l’activité présente un danger pour la sécurité publique", et de "mener en tout lieu des perquisitions de jour et de nuit".

Depuis le Vatican, le pape Benoît XVI a appelé dimanche au "respect des droits humains et civils" en Guinée, souhaitant que le "dialogue" permette de surmonter la crise que traverse le pays.

Les syndicats ont participé dimanche à des rencontres de conciliation avec des responsables musulmans et chrétiens à Conakry, a annoncé à l’AFP Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG).

"Les religieux nous ont appelés pour parler de ce qui se passe en rencontre informelle. On est en train de résoudre un problème guinéen en interne", a déclaré Mme Diallo, sans plus de précisions, après une première rencontre avec des responsables musulmans.

La CNTG est une des deux centrales syndicales à l’origine des manifestations hostiles au pouvoir et soutenues par l’opposition.

L’instauration de l’état d’urgence par le président Conté, au pouvoir depuis 23 ans, a été largement dénoncée par la communauté internationale ces derniers jours.

Cette mesure avait suivi la reprise d’une grève générale illimitée —suspendue le 27 janvier après un accord avec la présidence— provoquée par la nomination le 9 février au poste de Premier ministre de Eugène Camara, jugé trop proche du chef de l’Etat par les syndicats.

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