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Les associations environnementales réclament des mesures urgentes pour contrer le réchauffement climatique

Par C. Seghier
Article publié le lundi 12 février 2007.


Confortées par les conclusions sans appel du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les associations environnementales veulent pousser les gouvernements à passer à l’action.

Le Groupe 1 du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) s’est réuni à Paris du 29 janvier au 1er février pour la publication du premier volet de son quatrième Rapport d’évaluation. Ses conclusions sont sans appel : d’ici 2100, selon les scénarios de développement économique étudiés la température moyenne à la surface du globe devrait s’élever entre 1,1 et 6,4°C, les précipitations augmenteraient dans les hautes latitudes et baisseraient dans les zones subtropicales et les canicules et vagues de chaleur continueront à être plus fréquentes avec des sécheresses plus longues et plus intenses en zones tropicales et subtropicales. Les cyclones tropicaux seront quant à eux plus intenses et le niveau des océans va s’élever entre 0,18 et 0,59 mètre, chiffres qui pourraient être sous-estimés en raison de l’accélération possible de la fonte des glaciers du Groënland.
En France, les modèles climatiques utilisés par Météo France prévoient une multiplication par dix du nombre de canicules, et une hausse moyenne des températures de 3 à 3,5 °C.

L’organisation écologique Greenpeace estime que le rapport du GIEC doit pousser les gouvernements à l’action. L’association indique dans un communiqué que si le dernier rapport du GIEC (en 2001) était un appel à se réveiller, ce nouveau rapport est une sirène d’alarme. La bonne nouvelle est que notre compréhension du système climatique et de l’impact humain à son encontre s’est énormément améliorée. _ La mauvaise nouvelle, c’est que plus on en sait, plus notre futur apparaît dangereux, poursuit Greenpeace. L’association prévient : le message adressé aux gouvernements est clair, et la possibilité d’agir se réduit vite.

Pour éviter le pire, il faut limiter le réchauffement en deçà de 2°C d’ici la fin du siècle, par rapport aux températures préindustrielles. Ceci implique pour les pays industrialisés, dont la France, de réduire de 30% leurs émissions de GES d’ici à 2020.

Mais le Réseau Action Climat-France (RAC-F)*, qui a lancé à l’automne dernier une campagne à destination des candidats à l’élection présidentielle pour les convaincre de la nécessité d’intégrer dans leur programme ’’10 mesures fondamentales aptes à répondre à l’urgence climatique’’**, s’inquiète des mesures prises par la France. Le pays s’est en effet engagée à travers une loi de juillet 2005 à diviser par 4 ses émissions de GES d’ici 2050, ce qui équivaut à une diminution annuelle de 3% de ses émissions.
Mais la politique nationale actuelle encadrée par le Plan Climat ne permettra pas d’atteindre ce taux de réduction, prévient le RAC-F. Or la gravité et l’urgence de la situation, confirmées par le rapport scientifique du GIEC, exigent des politiques fortes et rapides, indique le RAC-F qui dénonce notamment la politique de la France en matière de transport, premier secteur émetteur en France (26% des émissions). Il nous faut des mesures fortes et efficaces telles qu’un arrêt de la construction d’autoroutes, un vaste programme de développement des transports collectifs et des modes de transport doux (vélo, marche), ainsi qu’une fiscalité favorisant l’essor des véhicules sobres en carbone, explique Olivier Louchard, du RAC-F.

Le réseau estime également que le secteur du bâtiment (20% des émissions) est lui-aussi négligé. Pour Cyrielle Den Hartigh des Amis de la Terre, aucune mesure concrète n’est prise pour donner à chacun les moyens d’isoler efficacement son logement et de lutter ainsi contre les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de réduire la facture d’énergie des ménages.

Le RAC-F souhaite aussi une réglementation sur les publicités énergivores et notamment celles concernant les automobiles et demande également l’arrêt des financements publics des énergies fossiles au profit de projets sobres en carbone.

http://www.actu-environnement.com


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