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Marie-George Buffet lance sa campagne et appelle à créer la surprise

Article publié le mercredi 24 janvier 2007.


Exit le PCF, place à la "la gauche populaire et antilibérale". Marie-George Buffet a appelé, mardi 23 janvier, les partisans d’une gauche de "combat et de responsabilité" à se ranger derrière sa candidature à la présidentielle avec l’objectif de créer la surprise, comme au référendum sur le "non" à la Constitution européenne de 2005. "C’est avec la même soif de gagne que je suis ici ce soir", a lancé la dirigeante communiste devant plus de 6 000 personnes, selon les organisateurs, réunies à son premier meeting de campagne, au Zénith, à Paris.

MAIN TENDUE À JOSÉ BOVÉ

Marie-George Buffet a exhorté tous les tenants d’une "gauche enfin populaire, une gauche porteuse des colères et des aspirations du monde du travail" à la rejoindre, y compris les collectifs antilibéraux tentés par une candidature Bové. Plus tôt dans la journée, elle avait reconnu, sur Canal+, que la probable candidature de l’altermondialiste, qui devrait être annoncée le 1er février, compliquait la situation à gauche. "Il y a assez de candidatures à gauche, il ne faut pas multiplier les candidatures", a-t-elle dit. Selon l’ancienne ministre, "l’heure est au rassemblement, à mener campagne et non pas à prolonger les débats internes". "On a l’impression qu’on se regarde le nombril", a-t-elle déploré. "J’ai envie de dire à José Bové : l’heure est à mener campagne ensemble", a lancé Mme Buffet, en ajoutant qu’elle tendait "bien sûr" la main au militant altermondialiste.

Marie-George Buffet comptait sur l’atmosphère survoltée du Zénith, aux côtés de jeunes communistes, syndicalistes et militants associatifs, pour donner une impulsion à sa campagne, affaiblie jusqu’à présent par le refus des collectifs antilibéraux de l’investir. Derrière la tribune, le sigle PCF avait disparu pour faire place à son nouveau slogan : "Rassembler la gauche populaire et antilibérale." Afin d’incarner cette force "qui ne veut pas se voir écrasée par le bipartisme", la secrétaire nationale s’est mise en disponibilité du parti le temps de de la campagne.

Pour ce qui est du programme, elle a mis en avant ses principales propositions : forte augmentation des salaires, avec un smic à 1 500 euros ; construction de 600 000 logements sociaux en cinq ans ; création d’un service public de l’habitat permettant d’assurer le droit au logement ; taxation des revenus du capital. "Au-delà des mots, ce sont des actes qui feront le plus honneur à l’abbé Pierre", a-t-elle dit, affirmant qu’être de gauche "c’est éradiquer la pauvreté". "Si la gauche ne s’attaque pas à la tyrannie des actionnaires, des marchés et des banques, elle échouera", a-t-elle prédit.

MESSAGE À SARKOZY : PAS TOUCHE AUX GRANDES FIGURES DE LA GAUCHE

Marie-George Buffet a réservé ses attaques les plus dures au candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy, devenu le "nouveau grand maître de la droite" et dont elle doute qu’il ait changé. "Le loup s’est déguisé en agneau. Comment le croire ? (...) Il a supprimé les libertés, insulté la jeunesse et provoqué des émeutes. Il a fermé les services publics, cassé les retraites, démoli la Sécurité sociale", a-t-elle estimé.

La candidate communiste "interdit" à "ce ministre d’Etat qui fait la chasse aux enfants dans les écoles" et a récemment invoqué Jean Jaurès, Léon Blum et Guy Môquet d’utiliser le nom de ce dernier, jeune communiste fusillé par les nazis à 17 ans. "Nicolas Sarkozy est l’héritier de cette droite qui ne cessait d’insulter Jaurès", a-t-elle insisté. Pour Marie-George Buffet, la droite incarnée par le ministre de l’intérieur a "toujours fait le lit de l’extrême droite", à l’instar du président du Front national, Jean-Marie Le Pen.

Au passage, la candidate communiste a égratigné la candidate socialiste Ségolène Royal dans un parallèle avec Nicolas Sarkozy à propos de la situation des agriculteurs. "A celui qui se fait passer pour un agneau et à celle qui en porte un dans les bras, devant les caméras, je veux dire que les paysans ne demandent pas l’aumône mais des prix rémunérateurs leur permettant de vivre."


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