Accueil du site Energie Eolien
 

Le combat douteux du Monde contre les éoliennes

Par Planète éolienne
Article publié le vendredi 12 janvier 2007.


Le quotidien Le Monde nous avait habitué à des tribunes anti-éoliennes : « Energie et climat : sortir de la frénésie » (5 juillet 2006), « Les éoliennes remettent au premier plan la question des paysages » (7 juin 2006), « De l’effet du bruit des éoliennes sur la santé » (30 mars 2006)...
Mais jamais encore, ce quotidien ne s’était lancé dans la propagation d’une image aussi négative de l’énergie éolienne, comme sur la double page de l’édition de ce 11 janvier 2007.

Sous le titre « Les batailles du vent », cet article est en effet un parti pris manifeste contre l’énergie éolienne.

Le décor est planté à Ally, commune de 200 habitants dans la Haute-Loire, où le quotidien prétend que les éoliennes depuis leur arrivée divisent le village. Mais la réalité est tout autre : « Non, la zizanie ne règne pas à Ally depuis la création du parc éolien » indique Sébastien Bénistant, employé par l’association locale "Action Ally 2000", qui s’occupe de faire découvrir le patrimoine local du plateau d’Ally. « En tout cas, pas plus que dans d’autres villages de France ! Il y a toujours eu des histoires de familles, et cela, bien avant l’arrivée des éoliennes ».
Maire-Paule Olagnol, la maire d’Ally, s’insurge quant à elle du contenu de l’article : « Les habitants d’Ally étaient très favorables au projet. Ally étant le pays des moulins, c’est une belle histoire de continuer de cette façon... en continuant à apporter notre soutien aux énergies renouvelables. Il n’y a pas de problèmes à Ally avec le parc éolien. Le bruit est tout à fait supportable. 95 % des milliers de personnes qui viennent visiter notre parc le trouvent esthétique. Les commerçants profitent du tourisme.
Le parc a apporté une bouffée d’oxygène à notre commune. La taxe professionnelle a permis de réaliser de nombreux travaux sans augmenter les impôts. Tout le monde en profite... mais, comme partout, il y a toujours des mécontents. »
En tant qu’article à charge contre l’éolien, la parole n’est bien sûr pas donnée aux personnes favorables à l’éolien, hormis aux développeurs de projets présentés comme des anciens de l’immobilier. A l’instar d’André Antolini, président du SER, qui « reçoit au Club Saint James, un agréable club-hôtel dans le XVIème arrondissement de Paris ». Tout est fait au contraire pour rendre les opposants sympathiques. On apprend ainsi que le président de l’association nationale des anti-éoliens ressemble « à Sancho Pança », et qu’il a été président du club de football d’un lycée et président d’une association de parents d’élèves. L’article ajoute qu’« il a commencé à restaurer une vieille maison qui lui venait de son grand-père, avant que les éoliennes ne surgissent dans sa vie » et que depuis, « il parcourt les routes dans sa Peugeot usé ».

On peut s’interroger sur l’intérêt de tels propos tout comme sur la qualité des informations apportées. Ainsi, on peut lire que "ces constructions pourraient aussi avoir un effet négatif sur le tourisme ". Si l’auteur de l’article s’était mieux renseigné, il aurait appris qu’en deux années, le nombre de personnes ayant participé à des visites guidées de l’association Action Ally 2000 est passé de 7 000 à 33 000... grâce à l’éolien. Une enquête CSA de 2003 menée pour la Région Languedoc-Roussillon sur cette problématique avait d’ailleurs conclu à un impact globalement neutre de l’éolien sur le tourisme.

On apprend d’autre part dans l’article du Monde que "l’Espagne, championne des éoliennes avec plus de 10 000 machines, a vu ses émissions de CO2 croître de 45 % depuis 1990 ». L’auteur de l’article s’est-il interrogé sur ce que seraient les émissions de CO2 sans éoliennes ?

L’article, à sens unique, fait donc la part belle aux inexactitudes, aux rumeurs et aux mensonges. Il n’y a rien sur des riverains qui sont favorables, rien sur des projets où tout se passe bien, rien sur les associations locales de soutien à l’éolien (plus d’une trentaine à ce jour).

Et quand le journaliste laisse la parole aux « écologistes », c’est bien sûr en des termes négatifs. L’auteur de l’article s’est-il informé des positions de Greenpeace, de la Ligue de Protection des Oiseaux, des Amis de la Terre, de France Nature Environnement, des Verts et de bien d’autres encore ?

On est bien loin de la déontologie des journalistes "ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui de publicitaire et de propagandiste" (article 9 de la Déclaration des droits et des devoirs des journalistes de Munich 1971). Il y a toutefois un point sur lequel l’article a raison : c’est celui des économies d’énergie. En ce sens, Planète éolienne le rejoint : le développement de l’éolien et des énergies renouvelables doit être corrélé à une politique vigoureuse d’économies d’énergie.


Répondre à cet article

Forum de l'article