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Homnispheres une production éditoriale non alignée

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Article publié le jeudi 13 avril 2006.


En rassemblant des auteurs, des chercheurs, des artistes, les éditions Homnisphères trouvent leur expression dans la production d’essais pluridisciplinaires engagés. Face au danger d’un apartheid culturel planétaire, l’une des voies les plus radicales pour contourner l’uniformité des savoirs réside, paradoxalement, dans l’ouverture la plus large possible aux diversités des contenus, aux décloisonnements disciplinaires et aux modes de pensée hétérodoxes. L’autre voie, permettant de résister à la domestication. http://homnispheres.info/

AUTONOMADIE (JPG) Essai sur le nomadisme et l’autonomie Franck MICHEL

Par essence subversif, marginal et, par conséquent, suspect pour les sédentaires trop confortablement installés dans leurs certitudes, le nomade circule grâce au détour. Il n’a que faire du sens unique même s’il sait parfaitement où il va. Déterminé et souverain. Le nomade se rend quelque part sans jamais se rendre à quelqu’un. L’adaptation est l’une de ses plus puissantes vertus, de celles qui permettent toujours d’avancer plus loin sur son propre chemin.

Le combat qui prédomine aujourd’hui consiste à répandre, avec un souci d’intelligence et dans le respect des différences, l’idée nomade dans les têtes plongées au coeur d’une trompeuse et parfois mortifère sédentarité.

L’autonomadie est un territoire à vivre, un état d’esprit à explorer, un champ de tous les possibles, où les humains en mouvement se distinguent des automates léthargiques. C’est aussi une philosophie qui réaffirme le dynamisme des nouvelles mobilités, l’autonomie des individus, ainsi que la dignité des peuples à vivre comme ils l’entendent. C’est enfin une alternative pour se libérer des carcans rigides qui entravent la libre circulation des idées, pour aller vers l’Autre - tous les autres - et apprendre de tout le monde.

(JPG) L’école du monde à l’envers

Eduardo GALEANO

Il y a cent trente ans, après avoir visité le pays des merveilles, Alice entra dans le miroir pour y découvrir le monde à l’envers. Si Alice renaissait de nos jours, elle n’aurait besoin de traverser aucun miroir : il lui suffirait de se pencher à la fenêtre.

Dans le monde d’aujourd’hui, monde à l’envers, les pays qui défendent la paix universelle sont ceux qui fabriquent le plus d’armes et qui en vendent le plus aux autres pays. Les banques les plus prestigieuses sont celles qui blanchissent le plus de narcodollars et celles qui renferment le plus d’argent volé. Les industries qui réussissent le mieux sont celles qui polluent le plus la planète ; et la sauvegarde de l’environnement est le plus brillant fonds de commerce des entreprises qui l’anéantissent.

Le monde à l’envers nous apprend à subir la réalité au lieu de la changer, à oublier le passé au lieu de l’écouter et à accepter l’avenir au lieu de l’imaginer : ainsi se pratique le crime, et ainsi est-il encouragé. Dans son école, l’école du crime, les cours d’impuissance, d’amnésie et de résignation sont obligatoires. Mais il y a toujours une grâce cachée dans chaque disgrâce, et tôt ou tard, chaque voix trouve sa contre-voix et chaque école sa contre-école.

(JPG) L’autre sens du voyage

Manifeste pour un nouveau départ

Franck MICHEL A l’heure où les politiques sécuritaires des Etats ne semblent plus connaître de limites, le voyage offre paradoxalement une opportunité à vivre plus intensément, à se détacher de l’emprise du quotidien, à échapper un temps à l’ordre des choses et au nouvel ordre mondial.

Mais trop souvent, lorsqu’il est organisé, le voyage est inséparable de l’idée de conquête, même pacifique, sous les traits innocents du tourisme de masse.

Partagée entre l’utopie du développement et l’impérialisme guerrier, l’industrie du tourisme - prometteuse sur le plan économique mais surtout prédatrice sur le plan humain - apparaît alors comme l’un des derniers avatars du néocolonialisme.


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