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Des milliers de manifestants pour le retrait du projet de loi Sarkozy sur la délinquance

Article publié le dimanche 19 novembre 2006.


Quelques milliers de personnes, 6 000 selon les organisateurs, ont défilé dans l’après-midi de samedi 18 novembre, à Paris pour réclamer le retrait du projet de loi Sarkozy sur la délinquance, à l’appel d’un collectif national unitaire, regroupant la CGT, la FSU, Solidaires ou la Ligue des droits de l’Homme... "Educateurs, pas délateurs", "Avec Sarko, tous délinquants", "Non à la toute puissance des maires", étaient quelques uns des slogans scandés ou affichés au cours de la manifestation.

Déjà adopté par les sénateurs, le projet de loi de prévention de la délinquance sera examiné par l’Assemblée nationale à partir de mardi 21 novembre."Cette loi est d’abord une loi de répression et un contresens à l’idée de prévention", a déclaré Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’Education.

Il a "contesté l’efficacité" de ce projet "qui va à l’encontre des pratiques professionnelles" des travailleurs sanitaires et sociaux, en prévoyant notamment que ceux-ci puissent transmettre aux maires des informations sur les personnes dont ils s’occupent. Ce projet institue "un contrôle organisé, un fichage généralisé de toute la population", a dénoncé pour sa part Fabienne Binot (Solidaires), une des porte-parole du "Collectif national unitaire de résistance à la délation".

La loi "voudrait qu’on signale aux maires les délinquants, ce qui rompt le travail de confiance avec les gens dont nous nous occupons", a expliqué Laure Peucelle, une assistante sociale venue du Pas-de-Calais, qui arborait une pancarte "Touche pas à mon secret professionnel". "Seuls des magistrats peuvent actuellement nous demander de telles informations", ajoutait Catherine, une de ses collègues dans un service d’aide sociale à l’enfance.

Membre du collectif, le Syndicat de la magistrature a dénoncé un projet qui "crée la confusion des pouvoirs", par la voix de son secrétaire général Côme Jacqmin. De nombreux maires étaient également présents, ceints de leur écharpe tricolore. L’un d’eux était même coiffé d’un chapeau de cow-boy sur lequel on pouvait lire l’interrogation : "maire ou shérif ?"

Maire PS du XIVe arrondissement de Paris, Pierre Castagnou a estimé que "cette loi confère aux maires une responsabilité inacceptable. La réponse n’est pas dans le flicage". "Le bureau d’aide sociale ne doit pas devenir un bureau de délation", a renchéri le président du Mouvement des jeunes socialistes, Razzye Hammadi, présent au sein d’un collectif d’associations de jeunesse, baptisé "Stop la provocation".

http://www.lemonde.fr


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