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Polémique sur le prolongement de la garde à vue de José Bové

Article publié le lundi 6 novembre 2006.


José Bové a été maintenu, dimanche 5 novembre, en garde à vue pour vingt-quatre heures supplémentaires. C’est le parquet de Bordeaux qui a ordonné la prolongation de la mesure. "L’enquête doit évaluer son degré de participation" dans la "destruction ou détérioration" du contenu du silo, a indiqué une source judiciaire.

A la tête de 150 faucheurs volontaires, le leader altermondialiste a mené samedi en début d’après-midi une opération de "traçabilité des OGM" dans une exploitation de la commune de Lugos, dans le sud de la Gironde, qui a mal tourné.

Lors de cette manifestation, des militants ont rendu impropre à la consommation, en versant de l’eau et un colorant naturel, 2 000 tonnes de maïs OGM stockées dans un silo. L’exploitant, âgé d’une cinquantaine d’années, est alors arrivé sur les lieux et a ouvert le feu avec un fusil de chasse. Désarmé par des manifestants, l’homme a ensuite foncé avec son véhicule tout-terrain sur plusieurs voitures en stationnement.

Egalement entendu par les gendarmes, l’exploitant a été libéré dimanche en début d’après-midi. Le parquet de Bordeaux a précisé que l’enquête se poursuivait à propos du coup de feu tiré, notamment pour déterminer si l’homme visait les manifestants.

UNE DÉCISION "POLITIQUE"

Une cinquantaine de faucheurs volontaires se sont rassemblés dimanche devant la gendarmerie de Saint-Jean-d’Illac, où le leader altermondialiste a été transféré, pour réclamer sa libération. Son avocat, Christian Etelin, s’est rendu sur place et a dénoncé la prolongation de sa garde à vue : "Cela me semble relever davantage de la politique que du domaine du droit", a-t-il déclaré, disant craindre un procès en comparution immédiate qui "se retrouverait centré sur sa personne alors que dans cette affaire il est victime".

Plusieurs partis à gauche ont demandé la remise en liberté du syndicaliste. Les Verts ont estimé "scandaleux" le prolongement de sa garde à vue, et ce "d’autant plus" que le gérant de l’exploitation agricole concernée, qui s’était servi d’une arme à feu, a été mis en liberté. Le parti communiste a demandé sa libération et l’ouverture d’un débat public sur les OGM.

Ségolène Royal a estimé pour sa part que la lutte de José Bové était "un bon combat" tout en se déclarant "pas favorable à l’atteinte au droit de propriété". Elle a promis "un moratoire sur les condamnations liées aux OGM" si elle arrivait au pouvoir.

http://www.lemonde.fr


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