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Les manifestants défient la police fédérale à Oaxaca

Article publié le mardi 31 octobre 2006.


Des milliers de manifestants de gauche ont convergé, lundi 30 octobre, vers la place centrale d’Oaxaca d’où ils avaient été chassés dimanche, dans l’intention d’affronter les forces fédérales. La police les attendait en rangs compacts, dans des tenues anti-émeutes. A l’une des entrées de la place, les protestataires ont lancé des pierres et des pétards sur les forces de l’ordre, qui ont riposté en tirant des grenades lacrymogènes, tandis que des hélicoptères survolaient à basse altitude le quartier.

Deux mille manifestants se sont ensuite repliés sur une place située à quelques blocs du Zocalo, la grande place d’Oaxaca, où ils ont décidé d’établir leur base. De nouvelles barricades ont été dressées dans les rues. Alors que la nuit tombait sur la ville, des petits groupes s’apprêtaient à défier à nouveau les forces de l’ordre. Les insurgés refusent d’abandonner le combat, tant que le gouverneur Ulises Ruiz n’aura pas démissionnné.

Mais le gouverneur Ruiz a une nouvelle fois affirmé qu’il n’avait pas l’intention de quitter son poste, et ce en dépit des exhortations de la Chambre des députés, du Sénat, et de son parti, qui appelaient lundi à sa résignation. "Dans les prochaines heures, nous nous attendons à ce que la situation revienne à la normale", a-t-il même déclaré à des journalistes. La présence de la police fédérale "ne résoudra pas le conflit, raison pour laquelle il faut ouvrir des pourparlers" avec les groupes protestataires, a expliqué le gouverneur.

L’ONU APPELLE À UN RÈGLEMENT DU CONFLIT

Lundi, les Nations unies sont allées dans ce sens, appelant à un règlement négocié du conflit. L’ONU a par ailleurs demandé aux autorités mexicaines d’ouvrir une enquête sur les circonstances dans lesquelles sont mortes les quinze personnes tuées au cours des cinq derniers mois, apparemment des militants de gauche, le plus souvent tuées par balle sur des barricades.

La ville mexicaine, très appréciée des touristes pour son centre-ville historique et les vestiges archéologiques des environs, commence à porter les marques de cinq mois d’agitation. Des graffitis couvrent les murs, des détritus jonchent les rues et les commerces tournent au ralenti, avec de nombreux magasins et restaurants fermés. L’ambassade américaine déconseille à ses ressortissants de s’y rendre en raison de ce "regain de violence", et la fréquentation touristique est en chute libre depuis le début des protestations. La lassitude commence à gagner la population.

Les manifestants ont cependant reçu le soutien de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), qui a appelé ses sympathisants à deux mobilisations pour soutenir le mouvement de protestation d’Oaxaca : un blocage des routes mercredi et une grève nationale le 20 novembre. "Nous appelons nos partisans au Mexique et au nord du Rio Bravo [Etats-Unis] à se mobiliser même symboliquement", a déclaré dans un communiquié le sous-commandant Marcos, qui appelle au retrait immédiat des forces fédérales d’Oaxaca.


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