Accueil du site Ecoconstruction Eau - assainissement
 

(JPG) Inciter à la récupération des eaux pluviales

De François-Luc Doyez
Article publié le mercredi 17 mai 2006.


Dans le cadre du projet de loi sur l’eau actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, la commission des affaires économiques a adopté à l’unanimité le 3 mai un amendement visant à accorder un crédit d’impôt. Celui-ci serait égal à 40 % du montant de l’investissement nécessaire et (plafonné à 5 000 euros).

Une telle incitation doit permettre d’encourager la récupération des eaux pluviales destinées à un usage domestique, dans un souci d’économies et de protection de l’environnement. Plusieurs entreprises proposent déjà aux particuliers de recycler leurs eaux de pluie afin de les utiliser pour des installations ne nécessitant pas d’eau potable (toilettes, lave-linge ou robinet extérieur).

Chaque année, en France, les précipitations représentent en moyenne 600 litres d’eau au mètre carré. Une toiture de 100 m2 peut donc permettre de récupérer environ 60 000 litres par an, l’équivalent de la moitié des besoins d’un foyer de quatre personnes. Or, à l’heure actuelle, seules 8 000 habitations françaises sont équipées d’un système de récupération des eaux, contre 100 000 en Allemagne.

Pour être utilisée dans une machine à laver ou dans les toilettes, l’eau de pluie doit subir plusieurs traitements. A la sortie des gouttières, elle passera par un système de purification qui retient particules et sédiments.

Grâce à une pompe, elle sera ensuite aspirée dans une cuve de béton où la présence de chaux permettra de maîtriser l’acidité naturelle des pluies. Enfin, un filtre à charbon actif neutralisera les éventuelles mauvaises odeurs. "Nous n’avons rien inventé, reconnaît Valéry Jimonet, créateur de la société Ozelo (www.ozelo.com), installée à Dieppe (Seine-Maritime) et spécialisée dans ce type d’équipements. Dès l’Antiquité, on récupérait l’eau de pluie."

Reste que ce genre d’installation, qui permet de réduire sensiblement la consommation d’eau potable, impose un investissement initial relativement lourd : entre 5 000 et 6 000 euros, selon les spécialistes.

LES EAUX USÉES, AUSSI

En effet, il est nécessaire de remplacer les gouttières si elles sont en plomb et de mettre en place un système de filtrage et de raccordement parfois complexe. "En fait, la dépense totale dépend du type de terrain et du degré d’accessibilité de la maison", insiste M. Jimonet, qui précise que la cuve destinée au stockage de l’eau doit être enfouie.

Le prix des travaux nécessaires à cette tâche varie largement en fonction du sol et de la configuration du terrain. Si elle est adoptée, l’incitation fiscale devrait permettre de réduire la facture totale.

Comme les eaux de pluie, les eaux usées peuvent également être recyclées. Partant du constat que douches, bains et lavabos absorbent 40 % de notre consommation quotidienne, la société Aquae (www.aquae.fr) propose de réutiliser les eaux savonneuses.

Cette entreprise installée à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) commercialise des équipements permettant de filtrer et de recycler intégralement ces eaux "grises" qui, là encore, pourront alimenter - après traitement - les WC, la machine à laver ou servir à l’arrosage du jardin. "En Allemagne, l’eau recyclée peut être utilisée dans les lave-vaisselle ; mais ce n’est pas autorisé dans notre pays, par peur des intoxications. Pourtant, ces appareils ménagers chauffent l’eau, ce qui annule le risque bactériologique", regrette Véronique Perny, responsable commerciale d’Aquae.


Répondre à cet article

Forum de l'article